La passion anti-catholique de M. Gendron

Stéphane Gendron est chroniqueur du Journal de Montréal et maire de Huntington. Il a son propre blogue et son site personnel.

Et il dit des bêtises.

Voici ces bêtises, dans l’ordre où elles apparaissent dans le texte. (Prenez-vous un café… c’est un peu long).

1) « L’Église catholique – comme d’autres mouvements religieux organisés – a le mépris de la femme et la traite comme un être inférieur depuis des siècles. « 

Sed Contra :Jean-Paul II, encyclique « Familiaris Consortio » (n.22) : « Au sujet de la femme, il faut noter avant tout sa dignité et sa responsabilité égales à celles de l’homme: cette égalité trouve une forme singulière de réalisation dans le don réciproque de soi entre les époux et dans le don d’eux-mêmes à leurs enfants; un tel don est propre au mariage et à la famille. Ce dont la raison humaine a l’intuition et ce qu’elle reconnaît est révélé en plénitude par la Parole de Dieu: l’histoire du salut, en effet, est un témoignage continuel et lumineux de la dignité de la femme.

En créant l’être humain «homme et femme», Dieu donne la dignité personnelle d’une manière égale à l’homme et à la femme, en les enrichissant des droits inaliénables et des responsabilités propres à la personne humaine. Puis Dieu manifeste la dignité de la femme de la façon la plus élevée possible en assumant Lui-même la chair de la Vierge Marie, que l’Eglise honore comme la Mère de Dieu en l’appelant la nouvelle Eve et en la proposant comme modèle de la femme rachetée. La délicate affection de Jésus envers les femmes qu’il a appelées à le suivre et auxquelles il a offert son amitié, son apparition le matin de Pâques à une femme avant de se montrer aux autres disciples, la mission confiée aux femmes de porter la bonne nouvelle de la Résurrection aux Apôtres, tout cela constitue des signes confirmant l’estime spéciale du Seigneur Jésus envers la femme. »

L’Église a toujours tenu en grande estime les femmes, comme en témoignent la reconnaissance des nombreuses saintes et martyres dès les premiers siècles, vénérées par toute l’Église.

2) « il existe toute une morale sexuelle qui fait des plaisirs de la chair une question douloureuse et controversée. »

Sed Contra : Catéchisme de l’Église Catholique n.2362 « Les actes qui réalisent l’union intime et chaste des époux sont des actes honnêtes et dignes. Vécue d’une manière vraiment humaine, ils signifient et favorisent le don réciproque par lequel les époux s’enrichissent tous les deux dans la joie et la reconnaissance  » (GS 49, § 2). La sexualité est source de joie et de plaisir : ‘Le Créateur lui-même (…) a établi que dans cette fonction [de génération] les époux éprouvent un plaisir et une satisfaction du corps et de l’esprit. Donc, les époux ne font rien de mal en recherchant ce plaisir et en en jouissant…’ (Pie XII, discours 29 octobre 1951). »

3) À travers les siècles, la chrétienté a considéré le sexe comme intimement lié à la reproduction. Il s’agissait d’un mal nécessaire dont on ne pouvait tirer d’autres bénéfices.

Sed Contra : Que l’acte sexuel entre un homme et une femme soit intimement lié à la reproduction, cela va de soit. Affirmer le contraire serait idiot (ou comme le disait Paul VI de façon plus modérée : ‘ l’intelligence découvre, dans le pouvoir de donner la vie, des lois biologiques qui font partie de la personne humaine’). Mais que la chrétienté (?) ait affirmé qu’il s’agit d’un acte « dont on ne peut tirer d’autres bénéfices » est faux. L’Église compte même dans ses Saintes Écritures un poème érotique (le Cantique des Cantiques) !

« A la question fondamentale posée sur la nature du bien du mariage, Saint Augustin (Père de l’Église, IVe siècle) répond en écartant d’abord la thèse qui soutenait que l’unique raison de la bonté intrinsèque du mariage était la procréation: certainement, la procréation des enfants est un bien du mariage, mais elle n’en est pas la raison exclusive. Saint Augustin montre que la bonté originelle de l’union de l’homme et de la femme est enracinée dans la société naturelle que crée cette union: l’union conjugale, la société conjugale, qui possède en elle une orientation intrinsèque à la procréation (De Bono coniugali III,3). Si c’était la procréation des enfants qui était la cause exclusive de la bonté du mariage, et non la société conjugale de l’homme et de la femme en elle-même, alors on ne pourrait appeler mariage l’union de personnes âgées, ou l’union de personnes dont l’une serait stérile: alors que les années ont consumé la force de la jeunesse, la loi de l’amour conjugal persiste entre mari et femme. » (Sacrée Congrégation pour la famille)

4) Le sexe est devenu sale et gênant. D’ailleurs, le plaisir demeure toujours dans la liste des péchés capitaux rattachés à l’être humain. Rien de plus ridicule et dépassé. N’importe quel psychologue vous dira qu’une vie sexuelle axée sur le plaisir et sa recherche fait partie du développement normal de l’être humain.

Sed Contra : Outre le discours de Pie XII mentionné plus haut, nous n’avons qu’à lire la phrase suivante de Karol Wojtila (i.e., Jean-Paul II) pour réaliser que l’Église aujourd’hui n’est pas prude lorsqu’il est question du plaisir sexuel : «Il faut exiger que, dans l’acte sexuel, l’homme ne soit pas le seul à atteindre le point culminant de l’excitation sexuelle et que cela se produise avec la participation de la femme, et non à ses dépens.» (Amour et Responsabilité). Je crois que Stéphane Gendron veut parler du péché de luxure (recherche désordonnée du plaisir) et non du plaisir lui-même, qui peut être parfaitement légitime! « Ou l’homme commande à ses passions et obtient la paix, ou il se laisse asservir par elles et devient malheureux » (cf. Si 1, 22).

Pour ce qui est de la « nécessité d’une vie sexuelle » pour l’épanouissement de l’être humain, je cite ce commentaire pertinent que j’ai trouvé sur le site du Salon Beige : « Il suffit de regarder la vie des saints pour comprendre que religieuses ou prêtres ou moines, pour ceux qui furent des personnes consacrées, ils gardèrent une psychologie et une affectivité liée à leur sexualité : elle s’est épanouie en chacun dans un charisme de l’abandon à Dieu et du don aux autres qui les individualise bien plus que « l’activité sexuelle ». Cathérine de Sienne ou Thérèse, St François, St jean de la Croix ou Charles de Foucauld témoignent de ce que leurs capacités à aimer s’est exprimée pleinement dans le renoncement à la « vie sexuelle » des sexologues contemporains, mais que leur individualité psychique est demeurée en chacun profondement marquée par leur nature sexuée. Ils n’ont pas exprimé leur amour dans l’uniformité, mais dans une diversité, une complexité et une richesse individuelle que le vagabondage sexuel prôné par la pensée ordinaire n’atteint jamais. Et qui témoigne que la sexualité équilibrée ne réside pas dans la génitalité, mais dans un équilibre de l’âme par rapport à la vitalité naturelle et à sa pulsion, la chasteté étant donc dans ce sens autant proposée aux gens mariés qu’aux personnes consacrées. » (Pascal G.)

5) Bien sûr, on peut retourner aux préceptes des interdits sur la pratique homosexuelle, la masturbation ou l’échangisme et y trouver des interdits dans l’Ancien Testament. Faut-il rappeler que ces textes – archaïques ont été rédigés par des hommes, il y a de cela plusieurs milliers d’années?

Sed Contra : Passons le fait que pour les chrétiens, l’Écriture Sainte est inspirée par Dieu. Cela est un acte de foi et Stéphane Gendron n’est certes pas obligé d’y croire. Mais difficile de passer sous silence cette assomption plutôt snob selon laquelle les hommes qui ont vécu il y a « plusieurs milliers d’années » – et tous ceux qui les ont suivi pendant des siècles jusqu’à la « Révolution sexuelle » des années 60- étaient ignares lorsqu’ils réfléchissaient et philosophaient sur les principes moraux humains de base. Heureusement que Simone de Beauvoir, Alfred Kinsey et Janette Bertrand sont venus réveiller l’intelligence humaine!

6) La position de l’Église sur l’homosexualité demeure toujours basée sur l’exclusion. Dans quelques textes publiés à l’époque de Jean-Paul II, on a cru déceler une certaine compréhension.

Sed Contra: Le texte du Catéchisme de l’Église catholique (n.2358) publié à l’époque de Jean-Paul II (1993) réflète toujours l’enseignement actuel de l’Église. Il n’y a eu aucune révision à ce sujet : « Un nombre non négligeable d’hommes et de femmes présente des tendances homosexuelles foncières. Cette propension, objectivement désordonnée, constitue pour la plupart d’entre eux une épreuve. Ils doivent être accueillis avec respect, compassion et délicatesse. On évitera à leur égard toute marque de discrimination injuste. » Ou encore, ce passage de la lettre aux évêques sur la pastorale à l’égard des personnes homosexuelles (signée par le Cardinal Joseph Ratzinger, i.e. futur Benoît XVI) : « Il faut fermement déplorer que les personnes homosexuelles aient été et soient encore l’objet d’expressions malveillantes et de gestes violents. Pareilles réactions, où qu’elles apparaissent, méritent la condamnation des pasteurs de l’Eglise. Elles manifestent un manque de respect pour les autres qui lèse les principes élémentaires sur lesquels se fonde une juste convivialité civile. La dignité propre de toute personne doit toujours être respectée dans les paroles, dans les actions et dans les législations. »

7) On demande donc aux homosexuels d’être abstinents et de résister à leur état, pourtant jugé naturel par la science! L’exclusion demeure de mise.

Voici le passage pertinent de la lettre aux Évêques à ce sujet : « Que doit faire dès lors une personne homosexuelle qui cherche à suivre le Seigneur ? Fondamentalement, ces personnes sont appelées à réaliser la volonté de Dieu dans leur vie, en unissant au sacrifice de la croix du Seigneur les souffrances et les difficultés qu’elles peuvent éprouver du fait de leur condition. Pour le croyant, la croix est un sacrifice fécond, puisque de cette mort surgissent la vie et la rédemption. Même si on peut prévoir la dérision dont sera l’objet chez certains pareille invitation à porter la croix et à comprendre de cette manière la souffrance du chrétien, il convient de se rappeler que telle est la voie du salut pour tous ceux qui suivent le Christ. » Et le Catéchisme précise (n. 2359) : « Les personnes homosexuelles sont appelées à la chasteté. Par les vertus de maîtrise, éducatrices de la liberté intérieure, quelquefois par le soutien d’une amitié désintéressée, par la prière et la grâce sacramentelle, elles peuvent et doivent se rapprocher, graduellement et résolument, de la perfection chrétienne. » Cet appel à la chasteté suscite la dérision tout comme le discours de Jésus sur l’indissolubilité du mariage (Mt 19, 1-12) suscita une dérision semblable chez ses contemporains. Jésus répondit : « Tous ne comprennent pas cette parole, mais seulement ceux à qui cela est donné. Car il y a des eunuques qui le sont dès le ventre de leur mère; il y en a qui le sont devenus par les hommes; et il y en a qui se sont rendus tels eux-mêmes, à cause du royaume des cieux. Que celui qui peut comprendre comprenne. » (Mt 19, 11-12).

Comme le disent les anglais, l’affirmation « pourtant jugé naturel par la science » begs the question (provoque la question) : quelle science? Certainement pas la science psychiatrique de Freud : « Freud rejette les hypothèses de caractère inné ou acquis en ce qui concerne la genèse de l’homosexualité. L’existence d’invertis amphigènes ou occasionnels tend à réfuter le caractère inné de l’homosexualité, c’est-à-dire que l’homosexualité n’a pas forcément toujours existé chez un sujet. D’autre part, en ce qui concerne le caractère acquis, il s’avère qu’une expérience homosexuelle ne détermine pas une sexualité homosexuelle future. Pour Freud, l’homosexualité ne relève pas d’une sexualité déviante mais, consiste en un inachèvement du parcours vers l’hétérosexualité, qui tient en la rencontre de trois types d’obstacles. Le développement psychosexuel s’interrompt : l’homosexuel renonce à la procréation. Il ne s’est pas affranchi du stade où la libido abandonne le corps propre, perçu comme objet d’amour, pour se porter sur un autre corps qui lui ressemble. »

Mais peut-être M. Gendron veut-il parler de la science de la nature, i.e., l’observation des comportements homosexuels chez certains animaux et certains insectes. Mais il est aussi possible d’observer chez certains animaux de la coprophagie, de l’inceste et d’autres encore qui mangent leurs petits. Ce qui se trouve dans la « nature » n’est pas toujours pour autant « naturel » (du point de vue philosophique, c’est-à-dire la juste finalité d’un objet ou d’un acte; c’est ce que l’Église entend lorsqu’elle parle d’un acte qui est « intrinsèquement désordonné »). De plus, comme le dit saint Paul dans la lettre aux Romains (8,19-21), la nature elle-même est blessée : « La création attend avec impatience la manifestation des fils de dieu. Assujettie à la vanité, non de son gré, mais par le volonté de celui qui l’y a soumise, elle garde l’espoir qu’elle aussi, la création, sera affranchie de l’esclavage de la corruption pour participer à la liberté glorieuse des enfants de Dieu.« 

8 ) Même chose pour les divorcés. Exclusion de l’Église, avec une certaine sympathie.

Sed Contra : Jean-Paul II, Familiaris Consortio : « Divers motifs, tels l’incompréhension réciproque, l’incapacité de s’ouvrir à des relations interpersonnelles, etc., peuvent amener à une brisure douloureuse, souvent irréparable, du mariage valide. Il est évident que l’on ne peut envisager la séparation que comme un remède extrême après que l’on ait vainement tenté tout ce qui était raisonnablement possible pour l’éviter.

La solitude et d’autres difficultés encore sont souvent le lot du conjoint séparé, surtout s’il est innocent. Dans ce cas, il revient à la communauté ecclésiale de le soutenir plus que jamais, de lui apporter estime, solidarité, compréhension et aide concrète afin qu’il puisse rester fidèle même dans la situation difficile qui est la sienne; de l’aider à cultiver le pardon qu’exige l’amour chrétien et à rester disponible à une éventuelle reprise de la vie conjugale antérieure.

[...] J’exhorte chaleureusement les pasteurs et la communauté des fidèles dans son ensemble à aider les divorcés remariés. Avec une grande charité, tous feront en sorte qu’ils ne se sentent pas séparés de l’Eglise, car ils peuvent et même ils doivent, comme baptisés, participer à sa vie. On les invitera à écouter la Parole de Dieu, à assister au Sacrifice de la messe, à persévérer dans la prière, à apporter leur contribution aux oeuvres de charité et aux initiatives de la communauté en faveur de la justice, à élever leurs enfants dans la foi chrétienne, à cultiver l’esprit de pénitence et à en accomplir les actes, afin d’implorer, jour après jour, la grâce de Dieu. Que l’Eglise prie pour eux, qu’elle les encourage et se montre à leur égard une mère miséricordieuse, et qu’ainsi elle les maintienne dans la foi et l’espérance! »

9) Par ailleurs, la position de l’Église, soutenue par Benoît XVI, en matière d’avortement, a de quoi nous faire lever le coeur.

Sed Contra : Sérieusement, la position de l’Église peut-elle faire monter le coeur plus que la réalité terrible de l’avortement lui-même? (avertissement: photos de foetus avortés).

10) Les récents événements au Brésil entourant cette pauvre enfant de 9 ans enceinte de jumeaux, d’un beau-père incestueux, suscitent l’incompréhension. Au lieu d’exclure cet évêque brésilien sans génie qui a imposé l’excommunication aux médecins et à la mère de cet enfant, le Vatican l’a supporté dans la procédure d’exclusion.

Sed Contra: Mgr Rino Fisichella, président de l’Académie pontificale pour la vie : « Techniquement, le Code de droit canonique utilise l’expression latae sententiae pour indiquer que l’excommunication a lieu au moment même ou le fait [l'avortement] se produit. Nous considérons qu’il n’était pas nécessaire de rendre si vite public et avec autant de publicité un fait qui se produit de manière automatique. [Autrement dit : tout avortement provoque de facto une peine d'excommunication, à la mesure où les critères de validité d'une telle peine sont présents. Ce n'est pas l'évêque qui a imposé l'excommunication mais il l'a rendue inutilement publique]. Ce dont nous ressentons le plus le besoin en ce moment est le signe d’un témoignage de proximité avec celui qui souffre, un acte de miséricorde qui, tout en conservant fermement le principe, est capable de regarder au-delà du domaine juridique pour parvenir à ce que le droit lui-même prévoit comme objectif de son existence : le bien et le salut de ceux qui croient dans l’amour du Père et de ceux qui accueillent l’Evangile du Christ comme les enfants, ceux que Jésus appelait à ses côtés et serrait dans ses bras en disant que c’est à ceux qui sont comme eux qu’appartient le royaume des cieux. Carmen [nom fictif], nous sommes avec toi. Nous partageons avec toi la souffrance que tu as éprouvée, nous voudrions tout faire pour te rendre la dignité dont tu as été privée et l’amour dont tu auras encore plus besoin ; ce sont d’autres personnes qui méritent l’excommunication et notre pardon, non pas ceux qui t’ont permis de vivre et qui t’aideront à retrouver l’espérance et la confiance malgré la présence du mal et la méchanceté de nombreuses personnes. » (source)

11) Lors d’une entrevue qu’elle donnait à la télévision de Radio-Canada, Mère Teresa avait déjà affirmé que les femmes violées par les soldats en Bosnie devaient refuser l’avortement et accepter le fardeau de la maternité en priant Dieu. Pour une femme qui n’a jamais enfanté et qui n’a jamais vaqué à des occupations maternelles, il y a de quoi réfléchir. Doit-on proposer cette femme comme modèle à l’Humanité, comme on s’apprête à le faire en la canonisant sur l’autoroute des saints à bon marché? Mère Teresa ne représente pas un modèle ni un exemple pour la femme de notre monde, mais plutôt un triste exemple de soumission qui va à l’encontre de l’égalité de la femme.

Terrible argument ad hominem de la part de Stéphane Gendron. Il s’en prend à une figure de compassion largement respectée dans le monde même par des non-croyants, une personne qui a absolument tout donné pour prendre soin des plus pauvres d’entre les pauvres, qui a passé des heures innombrables auprès des malades, des lépreux, des sidatiques et des orphelins, à les soigner, à les écouter. Mère Teresa n’a peut-être jamais enfanté biologiquement, mais affirmer qu’elle n’a jamais vaqué à des occupations maternelles relève de la pire mesquinerie et méchanceté. Pour ce qui est de l’affirmation qu’elle fut un « triste exemple de soumission qui va à l’encontre de l’égalité de la femme », c’est une autre phrase déplorable qui ne trouve aucun écho dans la réalité. Elle a su démontrer au contraire (en exemple, par seulement en paroles) la grande dignité de la femme et sa vocation la plus noble : être une présence d’amour et de miséricorde dans le monde. De plus, elle savait tenir tête aux hommes qu’elle rencontrait, que ces hommes soient des chefs d’états, des politiciens, des journalistes ou des figures religieuses (même de l’Église). Elle n’était soumise à personne sinon au Christ qu’elle voulait servir le mieux possible dans les pauvres.

12) Par ses bourdes récentes, l’Église catholique vient d’enfoncer un autre clou dans son cercueil en Occident. Elle fait preuve d’extrémisme et d’exclusion. Le syndrome des églises vides n’est pas qu’une simple coïncidence historique.

Ce n’est pas la première fois dans l’histoire de l’Église que les églises se vident. En fait, toutes les fois où les hommes ont « préféré les ténèbres à la lumière » (cf. Jean 3,14-21) , le péché à la grâce, il y a eu une baisse significative dans la pratique religieuse. (Tout en admettant qu’il existe de nombreuse raisons pour cet abandon de la pratique religieuse). Malgré tout, même en occident, il y a de nombreuses églises et communautés catholiques bien vivantes, populaires même auprès des jeunes adultes. Stéphane Gendron devrait aller se promener un peu avant de faire des généralisations à l’emporte-pièce.

13) Le jour où l’Église sera soumise aux dispositions de nos Chartes des droits et libertés, elle cessera de nous empoisonner la vie sur une base quotidienne.

Et voilà le « gros morceau » : l’Église empoisonne sur une base quotidienne la conscience de M. Gendron. Toutefois ironique que ce sont les memes Chartes des droits et libertés qui garantissent la liberté religieuse et la liberté de conscience qui permettent à M. Gendron d’exiber publiquement– dans un journal de plus d’un million de lecteurs– ses mesquins (et souvent erronés) propos anti-catholiques. Elles lui permettent d’empoisonner non seulement la vie des croyants mais aussi leur intellect.

Si le Journal de Montréal voulait faire preuve de bonne volonté, il exigerait que ses journalistes et chroniqueurs suivent rigoureusement le code de déontologie qui leur est propre.

Je termine cet exercice de « correction fraternelle » en renvoyant le lecteur de ce blogue à l’excellent article de Carl Bergeron (L’intelligence conséquente) intitulé : La passion anti-catholique, l’excitation du moderne. Il est difficile de ne pas apprécier l’éloquence, l’humour et la justesse des propose de M. Bergeron qui commente à sa façon– avec une verve qui lui est propre– le dernier préjugé acceptable.

ANNEXE

Guide de déontologie des journalistes du Québec
Adopté en assemblée générale le 24 novembre 1996

VÉRITÉ ET RIGUEUR

3 a) Les journalistes ont l’obligation de s’assurer de la véracité des faits qu’ils rapportent au terme d’un rigoureux travail de collecte et de vérification des informations. Ils doivent corriger leurs erreurs avec diligence et de façon appropriée au tort causé.

3 b) Les journalistes doivent situer dans leur contexte les faits et opinions dont ils font état de manière à ce qu’ils soient compréhensibles, sans en exagérer ou en diminuer la portée.

3 c) Les titres et présentations des articles et reportages ne doivent pas exagérer ni induire en erreur.

3 d) Les journalistes doivent départager soigneusement ce qui relève de leur opinion personnelle, de l’analyse et de l’information factuelle afin de ne pas engendrer de confusion dans le public. Les journalistes s’en tiennent avant tout au compte rendu précis des faits. Dans les genres journalistiques comme les éditoriaux, les chroniques et les billets ou dans le journalisme engagé, où l’expression des opinions prend une large place, les journalistes doivent tout autant respecter les faits.

3 e) Une rumeur ne peut être publiée sauf si elle émane d’une source crédible, et si elle est significative et utile pour comprendre un événement. Elle doit toujours être identifiée comme une rumeur. Dans le domaine judiciaire, la publication de rumeurs est à proscrire.

3 f) Les journalistes doivent respecter fidèlement le sens des propos qu’ils rapportent. Les citations, les rapprochements, les ajouts sonores, etc. ou leur séquence ne doivent pas dénaturer le sens de ces propos.

3 réponses

  1. [...] La passion anti-catholique de Stéphane Gendron. Ma propre “correction fraternelle” en réponse à une récente chronique du maire de Huntington. [...]

  2. Merci pour l’argumentaire. Je constate qu’il existe beaucoup d’actes de foi – et c’est normal puisque vous êtes un homme de Dieu. Je respecte votre position et je ne la critique point. Cependant, j’ai toujours pensé depuis un bon moment que la religion organisée était une forme aigüe de démission intellectuelle. C’est mon opinion, et je peux très certainement faire fausse route. Merci d’avoir mis autant d’énergie à offrir une alternative à ma chronique. C’est à votre honneur et il me ferait plaisir un jour de vous rencontrer et de poursuivre cette discussion. Par ailleurs, je vous souligne amicalement que je ne suis pas journaliste mais pamphlétaire, ce qui exclue l’application du Code de déontologie des journalistes à mon égard. Au plaisir – Stéphane Gendron

  3. M. Gendron, je salue votre commentaire. Cependant, les normes éthiques soulignées par le guide de déontologie dépassent certainement le cadre journalistique : elles s’appliquent à toute personne de bonne volonté. Ne pas induire en erreur, rechercher les faits, ne pas porter atteinte à la réputation d’autrui avec des propos péremptoires non-fondés, cela vaut pour tout le monde. Même un « pamphlet » incendiaire doit être rédigé avec un certain souci de vérité.

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