Le 10 janvier dernier, j’ai abordé un sujet délicat mais fort important dans le cadre de l’homélie, sujet sur lequel j’aimerais revenir par la présente.
Dans le but d’améliorer la situation des personnes dites de minorités sexuelles, le gouvernement du Québec a signé en décembre dernier « une politique de lutte contre l’homophobie » de 44 pages intitulée Ensemble vers l’égalité sociale. Dans son mot d’introduction, le premier ministre Jean Charest écrit :
En adoptant la Politique québécoise de lutte contre l’homophobie, le gouvernement entend insuffler dans nos institutions [y compris les institutions traditionnelles, NDR] et dans la population une volonté ferme d’agir contre le phénomène de l’homophobie sous toutes ses formes 1. Par cette politique, le gouvernement se donne la mission de lever les obstacles à la pleine reconnaissance de l’égalité sociale des personnes de minorités sexuelles, dans tous les milieux. Le message est clair: notre société gagne à s’ouvrir à la diversité sexuelle et à condamner l’intolérance à l’égard de celle-ci. (souligné par nous)
Dans sa politique « Ensemble vers l’égalité sociale », le gouvernement Charest va au-delà de la tolérance, au-delà de la compassion, au-delà même de l’acceptation sur le plan civil des unions de personnes de même sexe. La nouvelle politique déclare hétérosexiste (un terme emprunté aux groupes de pression homosexualistes [1]) « toute affirmation de l’hétérosexualité comme norme sociale ou comme étant supérieure aux autres orientations sexuelles » (p. 16).
Autrement dit— cela semble difficile à croire — le gouvernement du Québec rejette désormais l’hétérosexualité comme norme sociale! Pourtant, « les citoyens du Québec, comme tous les citoyens de toutes les sociétés d’ailleurs, sont inévitablement des « descendants » de parents, de grands-parents et d’arrière grands-parents qui ont tous pris pour acquis l’hétéronormativité. Toute personne née au Québec et tout immigrant sait très bien que son origine humaine est de nature hétérosexuelle » (2]. En voulant être inclusif et « ouvert à la différence », dans l’ « intérêt plublic », le gouvernement déclare stupidement la guerre non seulement aux nombreux citoyens qui ne partage pas son point de vue (chrétiens et autres), mais à la nature elle-même. Il s’agit d’un suicide culturel et social. En voulant s’attaquer à l’ « homophobie » sous toutes ses formes [3], le gouvernement s’engage à « changer les mentalités » des individus, des familles, et de toutes les institutions civiles et religieuses du Québec. Voici ce que le gouvernement se propose de faire (dans leurs propres mots) :
Orientation 3 […] Il importe de consacrer des efforts au dépistage et à la correction des normes et des pratiques institutionnelles qui entretiennent le déni des différences basées sur l’identité ou l’orientation sexuelle. À ce titre, des changements sont nécessaires dans les cultures institutionnelles et les modèles d’intervention afin d’éliminer l’hétérosexisme à la source et d’offrir des services plus ouverts à la diversité sexuelle. […] Le succès des initiatives de lutte contre l’homophobie passe nécessairement par des mesures qui favorisent une action communautaire présente, forte et stable dans tous les milieux.
Orientation 4 […] Occupant la position de chef de file dans la lutte contre l’homophobie, le gouvernement du Québec privilégie une action globale, intégrée et intersectorielle. Il convie tous les acteurs sociaux à contribuer à la réalisation d’objectifs communs visant à enrayer l’homophobie sous toutes ses formes. […] Il faut susciter l’engagement et la participation de partenaires dont l’influence, dans leurs milieux respectifs, peut faire évoluer les mentalités et les pratiques. Qu’il s’agisse d’employeurs, d’organisations syndicales ou d’organismes communautaires, ces acteurs peuvent agir à l’intérieur de leur organisation et dans leur domaine d’activité de façon à favoriser l’ouverture à la diversité sexuelle…
La mise en garde ne peut être plus claire. Il revient aux personnes de bonne volonté de se lever debout et d’affirmer clairement que la promotion explicite de l’homosexualité comme heureuse alternative de pratique sexuelle (y compris la promotion de celle-ci auprès des enfants dans les écoles– i.e., ouverture à la diversité) n’est pas un bien désirable sur lequel tout le monde s’entend [4]. Les citoyens et les institutions du Québec doivent demeurer libres de débattre le sujet complexe de l’homosexualité (comme tout sujet d’ailleurs) et de défendre, s’ils le souhaitent, la vision traditionnelle— vision soutenue encore aujourd’hui par d’éminents professeurs, psychologues, psychanalystes, docteurs, biologistes et théologiens (sans oublier plusieurs homosexuels eux-mêmes [5])— qui présente les actes homosexuels comme étant, à tout le moindre, moralement et physiologiquement problématiques. [6]
La Déclaration universelle des droits de l’homme, à l’article 16 par. 3, stipule que « la famille est l’élément naturel et fondamental de la société et a droit à la protection de la société et de l’État. » Elle affirme aussi que « les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants » (article 26, par. 3). Que les parents et les familles fassent entendre leur voix pour dénoncer l’injustice de cette nouvelle politique gouvernementale. Il ne s’agit pas de condamner ou d’accuser les personnes homosexuelles elles-mêmes (plusieurs problèmes d’intolérance et de violence évoqués dans la politique sont bien réels) mais de défendre une réalité indéniable de ce monde dans lequel nous vivons : l’hétérosexualité est une norme intrinsèque à la nature sociale et procréatrice de l’être humain et ne peut varier– qu’on le veuille ou non– selon les lieux, les cultures ou les époques.
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VOIR AUSSI :
« L’État thérapeutique et le militantisme gay » de Carl Bergeron, dans l’Intelligence Conséquente – journal du conservatisme critique, 16 janvier 2010.
Douglas Farrow, « The Government of Québec Declares War on a ‘homophobic’ and ‘heterosexist’ populace » (http://www.ccrl.ca/index.php?id=5091)
« Un plan de lutte contre l’homophobie méprisant pour la population » de John White, Gérard Lévesque, Charles Cauchy et Maurice Cormier, professeurs de philosophie, sur le blogue Pour une école libre au Québec.
Site internet de NARTH : National Association For Research & Therapy of Homosexuality. En particulier, lire « Ce que la Recherche Démontre: La réponse de NARTH aux revendications de l’APA ».
L’homosexualité : les mythes et les faits, de Michel Lizotte.
NOTES
[1] «Tout comme le multiculturalisme, l’homosexualisme est une variante de l’idéologie anti-discrimination, et plus largement, du programme de déconstruction identitaire et politique de la gauche radicale. « L’homosexualisme » — qu’il faut soigneusement distinguer de l’homosexualité — théorise et conceptualise l’homosexualité comme une catégorie identitaire, dont le statut minoritaire engendrerait une aliénation par rapport à une majorité normative globalement intolérante. L’homosexualisme se sert de l’homosexualité, comme le multiculturalisme des appartenances culturelles, pour promouvoir une « révolution permanente » des normes sociales et culturelles de la communauté politique.» (C. Bergeron, « L’État thérapeutique et le militantisme gay », 16 janvier 2010).
[2] D. Farrow, « The Government of Québec Declares War on a ‘homophobic’ and ‘heterosexist’ populace », p. 12 (traduction libre). (http://www.ccrl.ca/index.php?id=5091)
[3] Le terme « homophobe » lui-même comporte son lot de difficultés. « Personne ne doute qu’il y aient des gens qui expriment leurs peurs secrètes sous forme de violence sociale ou même physique à l’endroit des homosexuels. Et on peut bien dire de ces gens, hétérosexuels ou homosexuels, qu’ils sont « malades » (ill); en certains cas, on pourrait même dire qu’ils sont malicieux (evil). Mais un des nombreux problèmes avec l’emploi actuel du mot homophobe est qu’il n’est pas d’abord utilisé pour qualifier la condition psychologique de ces gens. Il est plutôt employé pour qualifier toute personne qui n’est pas prête à accepter la proposition selon laquelle le comportement homosexuel est un bien social, ou du moins un bien pour ceux qui ont un tel comportement. » D. Farrow, « National Post », 2001.
« Même les citoyens les plus modérés, qui ne ressentent pas le besoin de faire de l’humour méprisant sur le dos des homosexuels, et qui ne tiennent pas des propos dits ‘homophobes’ (selon les critères sévères des homosexualistes), pourraient être homophobes sans le savoir. Par exemple, en cultivant cette idée farfelue selon laquelle il faut absolument un homme et une femme pour faire un enfant et fonder une famille. [...] C’est ce que nos idéologues appellent entretenir des ’schèmes et mentalités hétérosexistes’ ,source de ‘discrimination systématique et institutionnelle’.» (C. Bergeron, « L’État thérapeutique et le militantisme gay », 16 janvier 2010).
[4] Cf. D. Farrow, « The Government of Québec Declares War on a ‘homophobic’ and ‘heterosexist’ populace », p. 18.
[5] Pour un livre écrit par un homosexuel en accord avec la vision « traditionnelle », lire Beyond Gay de David Morrison. Ce dernier a longtemps vécu le « mode de vie » gai (comportement homosexuel) avant d’être ébranlé dans ses convictions pour finalement embrasser le chemin de la chasteté.
[6] Rappelons la position de l’Église catholique sur l’homosexualité (ainsi que sa position sur la complémentarité des sexes). Le Catéchisme de l’Église catholique affirme (n. 2357) que si « la genèse psychique [de l’homosexualité] reste largement inexpliquée », les actes d’homosexualité sont, eux, « contraires à la loi naturelle » et « ne sauraient recevoir d’approbation en aucun cas ». Le catéchisme insiste cependant sur l’accueil charitable envers les hommes et les femmes qui présentent des tendances homosexuelles. La condition homosexuelle, affirme-t-il, « constitue pour la plupart d’entre eux une épreuve. Ils doivent être accueillis avec respect, compassion et délicatesse. On évitera à leur égard toute marque de discrimination injuste » (souligné par nous).
Pour ce qui est de la complémentarité homme-femme, le Catéchisme dit (n. 371) : « Crées ensemble, l’homme et la femme sont voulus par Dieu l’un pour l’autre [et] sont faits ‘l’un pour l’autre’ ». « [Dieu] les a crées pour une communion de personnes, en laquelle chacun peut être ‘aide’ pour l’autre parce qu’ils sont à la fois égaux en tant que personnes et complémentaires en tant que masculin et féminin. Dans le mariage, Dieu les unit de manière que, en formant ‘une seule chair’, ils puissent transmettre la vie humaine. »
Mots-clés : débat de société, sexualité, homosexualité, heterosexisme, loi naturelle, mariage
Archivé sous: Amour et sexualité, Dictature du relativisme, Oeuvres de la chair, Politique et société, Romains - chapitre 1